BFR: Interview Amine Diouri – La Vie Eco


Questions posées à Amine Diouri, Responsable Etudes Et Communication chez Inforisk

La Vie éco : Quels sont les facteurs qui influent sur le BFR de l’entreprise ?

Il existe tout d’abord un lien évident entre le business modèle d’une entreprise ou d’un secteur et son BFR. Dans 90% des cas, le BFR d’une entreprise est positif (c’est-à-dire pour simplifier que les stocks et les délais clients sont supérieurs aux dettes fournisseurs, fiscales et sociales). Mais il arrive que certains secteurs comme la grande distribution par exemple aient un BFR négatif, c’est-à-dire qu’ils génèrent de la trésorerie du fait simplement du décalage entre les délais de paiement. Je citerai l’exemple très significatif des écoles privées qui ont un BFR négatif : les parents paient les frais de scolarité en début de mois. En revanche, les fournisseurs sont payés à plusieurs mois. Autre point fondamental remarqué pour ce secteur, le BFR négatif finance les investissements nécessaires à ces écoles, ce qui revient à dire en schématisant que les fournisseurs financent les investissements ! De même, le facteur «taille» de l’entreprise est également important. Une grande entreprise aura plus de facilité à imposer à ses fournisseurs (de stocks de matières premières, marchandises ou immobilisations) des délais allongés et inversement recouvrer ses créances clients plus rapidement.

Quelle est l’importance du BFR et de sa gestion pour les entreprises ?

Ces dernières années, le contexte micro-économique a été clairement défavorable aux entreprises particulièrement les TPME. La hausse des défaillances dues en majeure partie à l’évolution des délais de paiement (40% des défaillances sont dues à des retards de paiement) renseigne sur la situation. L’optimisation des postes du BFR est à cet égard majeure pour l’ensemble des entreprises : une baisse modique du BFR peut représenter des économies importantes pour l’entreprise. Malheureusement, seules les grandes entreprises ont les compétences internes nécessaires au sein de leur département financier pour agir efficacement en matière d’optimisation de trésorerie. Aujourd’hui, les entreprises, notamment les TPME, doivent arbitrer entre développement commercial et BFR. La question qui se pose alors est la suivante : Pour chaque dirham supplémentaire de CA réalisé, combien cela me coûtera-t-il de trésorerie supplémentaire, en termes de stocks de créances clients… et de frais financiers du fait de l’endettement bancaire ? De fait, se poser cette question est paradoxal, voire néfaste pour notre économie car se manifeste alors un coût d’opportunité. L’on ne peut pas faire grandir nos entreprises si se pose de manière systématique ce dilemme du financement du BFR !

Commentaire peut-on surmonter ce dilemme ?

On ne peut pas demander à nos entreprises de grandir, de se développer, d’innover… sans résoudre la problématique des délais de paiement. Il faut absolument faire aboutir le nouvel arsenal juridique des délais de paiement. C’est même un passage forcé pour assainir le marché des comportements de paiement qui nuisent à la marche saine des affaires et qui empêchent plusieurs pans de l’économie de se développer.

En savoir plus sur http://lavieeco.com/news/economie/le-bfr-des-entreprises-a-augmente-de-100-milliards-de-dh-en-3-ans.html#EGiK1v7Eq0W32su5.99


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